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Concours La fresque Biographie des graveurs
du XVIIIe siècle
La gomme bichromatée

ALIAMET   Jacques
ALIX  Pierre Michel
AUBERTMichel
AUDRAN   Benoît II
AUDRAN   Jean
AVELINE   Pierre Alexandre
AVRIL Jean-Jacques
BALECHOUJean-Joseph
BAQUOY   Jean  Charles
BEAUVARLET    Jacques Firmin
BERVICJean Guillaume
BLOT   Maurice
BOISSIEU Jean-Jacques
BONNET  Louis Marin
BONNEVILLE  François De
BOUCHER    François
CARMONTELLE   Louis Garrogis De
CARS   Laurent
CATHELIN    Louis Jean-Jacques
CAYLUS    Le Comte DE
CAZENAVE
CHAPONNIER Alexandre
CHAPONNIER François Philippe
CHEREAU François
CHEREAU Jacques
CHOFFARD    Pierre  Philippe
CHRÉTIEN   Gilles Louis
COCHIN   Charles Nicolas (Le Père)
COCHIN Charles Nicolas  (Le Fils)
COPIA Jacques Louis
COURTOIS    Pierre François

CREPY Louis
DAGOTY Jean Baptiste André Gauthier
DAUDET  Robert
DARCIS  
Louis
DAULLE  Jean
DEBUCOURT    Philibert Louis
DEMARTEAU    Gilles
DENON(Le baron Vivant)

DESPLACE Louis Philippe
DEQUEVAUVILLER
  
François
DESCOURTIS  Charles Melchior
DUCLOS Antoine Jean
DREVET  Pierre
DREVET Pierre Imbert
DREVET  Claude
DUNKER Balthazar Antoine
DURET Pierre Jean
FESSARD Etienne
FICQUET  Étienne
FIESINGER  Jean Gabriel
FILLOEUL Pierre
FLIPART Jean Jacques
FRANÇOIS   Jean Charles
GAILLARD  René
GAUCHER  Charles Étienne
GILLOT  Claude
GRATELOUPJean Baptiste De
GUYOT   Laurent
HELMAN Isidore Stanislas
HUQUIER  Gabriel
INGOUF   François Robert (Le Jeune)
JACOB Louis
JANINET Jean François
JOULLAIN  François
LA LIVE DE JULLY Ange Laurent De
LARMESSIN   Nicolas  III De
LAUNAY   Nicolas Delaunay, ou De
LE BAS  Jacques Philippe
LE BEAU    Pierre Adrien
LE BLON   Jean Christophe
LE CHAMPION  I. A.
LE COEUR   Louis
LEGOUAZ   Yves Marie
LE MIRE   Noël
LEMPEREUR Louis Simon
LÉPICIÉ  Bernard
LE PRINCE  Jean Batiste
LE VASSEUR  Jean Charles
LE VEAU  Jean Jacques André


LIÉNARD Jean Baptiste
LIGNEE  Charles Louis
LIOTARD  Jean-michel
LONGUEIL Joseph De
MALBESTE Georges
MALEUVRE    Jean Pierre
MARCENAY De GHUY(Antoine De)
MARTIN LE FILS  Jean Baptiste II
MARTINI   Pierre Antoine
MASSARD  Jean
MOREAU   Jean Michel  (Le Jeune)
MOYREAU  Jean
NÉE  François Denis
OUDRY Jean Baptiste
PATAS   Jean Baptiste
PONCE    Nicolas
PRÉVOST  Benoît Louis
QUENEDEY  Edme
RAVENET   Simon François (Le Père)
REGNAULT  Nicolas-François
RIGAUD  Jacques
ROMANET  Antoine Louis
SAINT-AUBIN  Augustin De
SAINT AUGUSTIN Gabriel de
SAINT-NON  Jean Claude Richard, Abbé De
SARRABAT   Isaac
SAUGRAIN  Mlle Élise
SAVART  Pierre
SCOTIN Gérard-Jean-Baptiste II
SERGENT  Antoine François
SIMONET   Jean-Baptiste
SURUGUE   Louis  (Le Père)
TARDIEU  Nicolas Henri
TARDIEU  Pierre Alexandre
THOMASSIN Henri Simon
VOYEZ   Nicolas Le Jeune
VOYSARD   Étienne Claude
WATELET Claude Henri
WEISBRODT  Charles
WILLE Jean Georges


NOTES  BIOGRAPHIQUES
SUR  LES GRAVEURS
DU  XVIIIe  SIECLE.

ALIAMET   Jacques
(1726-1788)

C’est l'aîné des deux graveurs abbevillois de ce nom. Né le 30 novembre 1726, à Abbeville, il vint à Paris en 1747, adressé par sa famille à son compatriote, le graveur et éditeur d'estampes Robert Hecquet, depuis longtemps installé dans la capitale. Celui-ci, qui ne faisait pas d'élèves, envoya Jacques Aliamet chez Le Bas, dont l'atelier était un des plus florissants de cette époque, et le jeune artiste se trouva très bien de cette recommandation. Marié en 1748 à la nièce de R. Hecquet, Marie Hénot, dont il eut cinq enfants; agréé à l'Académie le 3 septembre 1763, sur l'Ancien port de Gênes d'après Joseph Vernet, J. Aliamet ne devint pas académicien et mourut à Paris le 29 mai 1788.
Il est surtout connu par ses grandes estampes d'après les maîtres hollandais et par ses habiles interprétations de dix paysages d'Italie et de plusieurs marines de Vernet. Il a terminé la célèbre estampe de la Philosophie endormie, d'après Greuze, commencée à l'eau-forte par Moreau le jeune et, sans parler de ses deux pendants bien connus d'après Jeaurat, la Place des Halles et la Place Maubert et de diverses autres planches, il adonné de nombreuses vignettes d'illustration d'après Oudry, Gravelot, Eisen, Cochin, Fragonard (en particulier, l'une des meilleures pièces de l'édition des Contes de La Fontaine de 1795, (A femme avare, galant escroc), etc. «Sa gravure est suave, écrit de lui Lévesque dans le Dictionnaire des arts de Watelet: il connaissait la valeur des touches et les frappait avec justesse.» Son catalogue, dressé par l'érudit abbevillois E. Oelignières en 1896, compte 262 pièces.
Son frère cadet, François Germain (1734-1790), élève de Strange; travailla toute sa vie en Angleterre.


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ALIX Pierre Michel
(1762-1817)

Né et mort à Paris. Ce graveur fut un des spécialistes de l'estampe en couleurs, sous la Révolution et sous l'Empire. Son oeuvre présente quelques pièces de circonstances, quelques caricatures, et des suites de portraits historiques, suites qui vont de Montaigne à Franklin, et de Marie-Antoinette à la duchesse de Berry, en passant par Marat et les trois Consuls.

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AUBERT Michel
(1700-1757)

Né et mort à Paris. Comme presque tous les graveurs de son temps, Michel Aubert débuta par faire des portraits historiques pour le fonds d'oeuvre, puis fut appelé à participer presque simultanément aux grandes entreprises du Cabinet Crozat et des Recueils de Jullienne.

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AUDRAN   Benoît II
(1698-1772)

Né à Paris le 17 février 1698, Benoît II Audran était le fils du graveur lyonnais Jean Audran  dont il reçut les leçons. Beaucoup plus moderne que son père et que son oncle Benoît Ier, dans sa technique aux tailles entremêlées de petits points et de traits courts, il se distingue d'eux également par un grand emploi de l'eau-forte ; plusieurs de ses «préparations» nous sont parvenues et attestent l'habileté avec laquelle il maniait ce procédé. Il a remarquablement compris et interprété Watteau, gravant quantité de ses dessins, dans le recueil des Figures de différents caractères, et un bon nombre de ses peintures, en particulier des pièces de petit format comme le Docteur, la Finette, Bon voyage, la Marmotte, la Fileuse, la Sultane, etc.; parmi les estampes de plus grandes dimensions, on citera l'Amour désarmé, la Surprise, les Amusements champêtres, Retour de chasse, etc. Il a aussi gravé Lancret, Pater, Eisen, et donné quelques frontispices et vignettes. Il mourut le 8 janvier 1772, sans avoir brigué les honneurs académiques.

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AUDRAN   Jean
(1667-1756)

Né à Lyon le 27 avril 1667, troisième fils du graveur Germain Audran, c'est auprès de son père, et surtout à Paris, auprès de son oncle Gérard, le plus grand graveur d'histoire de l'école française, que Jean Audran s'initia aux secrets de son art.
Sa production est fort importante : Le Blanc lui donne 465 pièces. Ce sont surtout des sujets historiques, mythologiques et religieux d'après des maîtres du XVlle siècle, Poussin, Le Brun, Rubens, etc.; quelques portraits (ceux d'après Rigaud sont les meilleurs); quelques illustrations. Ce graveur correct et froid, qui n'égala ni son oncle Gérard ni son frère Benoît 1er, et fut même surpassé par son fils Benoît II, s'est essayé aussi à interpréter les peintres du XVIIIe siècle, mais sans pouvoir complètement plier sa manière aux conditions de la peinture nouvelle : les nombreuses Figures de différents caractères qu'il a gravées au trait d'eau-forte d'après Watteau sont supérieures aux estampes qu'il a données d'après les peintures du même maître, mais elles n'ont ni l'esprit ni l'accent des pièces analogues dues à Benoît Audran et à Boucher, par exemple. On peut citer aussi ses planches d'après Ch. Coypel, en particulier l'Evanouissement d'Esther.
Agréé à l'Académie le 27 septembre 1704, académicien le 30 juin 1708, il mourut à Paris le 17 juin 1756, aux Gobelins. De son mariage avec Marie Dossier (1694), il avait eu douze enfants, dont plusieurs continuèrent les traditions paternelles et furent peintres, graveurs ou entrepreneurs de tapisseries des Gobelins.

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AVELINE   Pierre Alexandre
On est mal fixé sur la date de naissance de cet artiste: on a proposé 1697, 1702 et 1710. Comme l'acte de mariage de Pierre-Alexandre Aveline, en 1742, le dit âgé de 40 ans, ce serait à la date de 1702 qu'il faudrait s'en tenir. On sait aussi qu'il appartenait à une famille de peintres et de graveurs.
Élève de J. B. de Poilly, dit-on, et agréé à l'Académie le 31 décembre 1737, il devait graver comme morceau de réception les portraits de Galloche et de J. F. de Troy; mais, après avoir fait attendre l'Académie pendant quelques années, il écrivit à la Compagnie «que la situation de ses affaires ne lui permet toit pas de finir ses portraits de réception». A la suite de quoi, il fut déclaré déchu de son agrément le 27 janvier 1742, avec défense de prendre à l'avenir le titre de graveur du Roi. Agréé de nouveau, le 28 juillet 1753, il mourut en 1760 sans être devenu académicien.
On lui doit des portraits, des illustrations (en particulier d'après Oudry, pour les Fables de La Fontaine, éd. de 1755), et de grandes pièces d'après Boucher, Natoire, et surtout d'après Watteau, dont l'un des chefs-d'oeuvre, l'Enseigne, lui a fourni l'occasion de produire sa planche maîtresse, une des estampes les plus remarquables du XVIIIe siècle autant par ses dimensions que par ses qualités d'exécution. Diane au bain, les Charmes de la vie, Récréation italienne, des petites pièces comme la Rêveuse, l'Amante inquiète, enfin diverses arabesques, toutes ces oeuvres du même Watteau, ont également servi à souhait son talent de coloriste. Il compte parmi les meilleurs interprètes du peintre des «fêtes galantes».
Il «jouirait d'une plus grande réputation, écrit de lui Lévesque dans le Dictionnaire des arts de Watelet, s'il n'avait pas consacré une grande partie de sa vie à ne graver que des croquis»; et cet auteur le loue de ses estampes d'après Berghem et C. Vischer, mais n'a pas un mot pour ses oeuvres d'après Watteau.

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AVRIL  Jean-Jacques
(1744-1823)

Né et mort à Paris. Avril apprit le maniement du burin dans l'atelier de Wille, puis débuta par des gravures d'ornement vers 1771. Son oeuvre 500 pièces environ  contient des portraits (dont celui de Mme Yigée Le Brun avec sa fille, an V), des planches de fleurs ou d'oiseaux, et quelques bons paysages.

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BALECHOU  Jean-Joseph
(1719-1764)

Né à Arles, mort à Avignon. Cet artiste fut d'abord l'élève d'un graveur de cachets à Avignon, puis celui de B. Lépicié à Paris. Après quelques travaux de débutant, il se créa, par la merveilleuse virtuosité de son burin, une renommée qui dépassa bientôt les frontières. La cour de Saxe lui confia la reproduction des portraits des souverains destinés à figurer en tête de la «Galerie de Dresde». L'une de ces estampes fut l'occasion d'un procès intenté par l'agent d'Auguste III à Paris. Baléchou eut gain de cause, mais froissé, il se retira à Arles, puis à Avignon (alors ville papale). Cet exil volontaire ne nuisit ni à son talent, ni à sa réputation d'artiste. Vernet le chargea de graver ses plus beaux tableaux et Diderot., au Salon de 1765, s'écriait : «Il n'est qu'un Baléchou au monde».

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BAQUOY   Jean  Charles
(1721-1777)

Fils d’un graveur, Maurice Baquoy, et père d’un graveur, Pierre Charles, on sait peu de choses sur la vie de J. C. Baquoy né à Paris le 16 juin 1721 et mort le 24 février 1777. Bon spécialiste de la vignette, il a multiplié les œuvres de Gravelot, Oudry, de Sève, Moreau le jeune, Eisen surtout. On lui doit la traduction de deux des meilleures pages de Moreau le jeune pour le Monument du costume : la première, «C’est un fils, Monsieur» (1776) ; la deuxième, les Petits parrains (1777), dont il n’a gravé que l’eau- forte, terminée après sa mort par Patas. 

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BEAUVARLET   Jacques Firmin
(1731-1797)

Né à Abbeville le 25 septembre 1731, Beauvarlet fut d'abord placé chez un graveur de son pays qui le dégrossit, puis envoyé en 1750 à Paris, à son compatriote Robert Hecquet. Il passa par l'atelier de Ch. Dupuis, mais c'est auprès de Laurent Cars qu'il se forma définitivement: il est un des élèves qui font le plus d'honneur à ce maître.
Agréé à l'Académie le 29 mai 1762, académicien le 25 mai 1776, il mourut à Paris le 17 frimaire an VI (7 décembre 1797); il était alors veuf de sa troisième femme, Marie-Catherine Riollet, elle-même graveur au burin, qu'il avait épousée dix ans plus tôt. Il avait réuni une belle collection de tableaux et d'objets d'art, dispersés après sa mort, le 23 ventôse an VII. Artiste adroit et grand travailleur, Beauvarlet a laissé un oeuvre fort nombreux et quelques bons élèves. On apprécie en particulier ses estampes d'après Boucher, J.-F. de Troy (Toilette pour le bal et Retour du bal), Nattier, Greuze (l'Écureus), Fragonard, Carle Vanloo (la Lecture espagnole, la Conversation espagnole), aussi d'après les Flamands et les Hollandais du XVIIe siècle; sesportraits d'après Nattier, Drouais, Carle Vanloo, etc. A propos de ses envois au Salon de 1775, les Mémoires secrets louent son «onction» et son «moelleux», mais lui reprochent de graver, non plus d'après le tableau original, mais d'après un dessin réduit, à travers lequel «l'esprit de l'original s'évapore» .

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BERVIC  Jean Guillaume
(1756-1822.)

Né et mort à Paris. Membre de l'Institut (1803). Le véritable nom de ce graveur était Charles Clément Balvay. Il était fils d'un maître tailleur. Sa vocation précoce le poussa successivement vers les ateliers de Le Prince et de J. G. Wille (1770). C'est par lui que la tradition du grand burin fut transmise au XIXe siècle. Son oeuvre est peu considérable, mais contient quelques pièces de premier ordre par la franchise des tailles, la douceur de la touche et l'harmonie de l'ensemble.
De ses deux mariages, il ne laissa qu'une fille.

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BLOT   Maurice
Né à Paris le 12 mai 1753 et formé dans l'atelier d'Augustin de Saint-Aubin, Maurice Blot jouit pendant sa vie d'une grande réputation, ce qui étonne aujourd'hui quand on feuillette un album de ses estampes, d'ordinaire fort lourdes, où la stricte ordonnance des tailles accuse un changement considérable dans la technique du XVllle siècle et l'abandon de la libre facture à laquelle tant de chefs-d'oeuvre avaient dit de voir le jour. A côté de quelques gravures d'après les maîtres anciens, Blot a connu le succès avec des oeuvres d'artistes contemporains, comme Aubry et Fragonard: le Verrou et le Càntrat, d'après ce dernier sont des productions caractéristiques de sa manière. On peut en dire autant d'un portrait des deux enfants de France (1786), dessiné et gravé par lui-même, et qui a beaucoup contribué à sa réputation.

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BOISSIEU  Jean-Jacques
(I736-1810)

Né et mort à Lyon. J.-J. de Boissieu, fils de médecin, appartenait à la petite noblesse. Il fut destiné à la magistrature. Ses dons d’artiste firent céder sa famille. Il entra dans l’atelier du peintre d’histoire Frontier ; puis il s’occupa de dessin industriel dans une fabrique de soieries. Il semble avoir appris à graver tout seul, aidé des conseils que Wille lui donnait par lettre. Il se créa une manière bien à lui et fut le précurseur des aquafortistes paysagistes de l’époque romantique. Il a gravé 1200 pièces environ dont quelques portraits et quelques ruines (souvenirs de son voyage en Italie en 1765), mais surtout des vues de forêts et des sites champêtres pris dans les environs de sa ville natale.

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BONNET  Louis Marin
Ce graveur et éditeur d'estampes, né à Paris en 1743 et mort en 1793, commença par aller travailler à Saint-Pétersbourg, revint bientôt à Paris et, grâce aux procédés de la gravure en manière de crayon (il a prétendu à tort en être l'inventeur) et en manière de pastel, il prit une place de premier plan dans le monde du commerce de l'estampe. De l'atelier qu'il dirigeait, sortirent d'innombrables pièces, exécutées surtout d'après les dessins rehaussés ou les aquarelles de Boucher de Le Prince, de J .-B. Huet, de Baudouin, de Lagrenée, etc., dont il a parfois très joliment fac-similé les couleurs légères et délicates.
Un catalogue de sa production, publié par lui-même en 1780 et, sans doute bien loin d'être complet, énumère 1054 pièces: on y trouve des portraits (Mme Du Barry , Marie-Antoinette dauphine), de grandes têtes de femmes en manière de pastel, des études de nu, des sujets mythologiques ou galants, surtout d'après Boucher, les uns en blanc et noir, les autres en sanguine, d'autres aux quatre crayons et tirés sur papier bleuté ou bistré, ce qui complète l'illusion. Encore une fois, la production de Bonnet est immense, et le fait que beaucoup de ses estampes portent l'inscription Bonnet direxit permet de se rendre un compte exact du rôle que l'artiste a joué dans leur mise au jour.

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BONNEVILLE  François De
Bonneville est surtout connu par les petits portraits qu'il a dessinés et gravés pour le recueil de Quénard, Portraits des personnages historiques de la Révolution (I796-18o2).

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BOUCHER    François
(1703-1770)

Peintre, illustrateur, graveur original. Reste à donner quelques indications sur Boucher graveur de reproduction; car Boucher a commencé de bonne heure à travailler chez Cars le père, et c'est à cette époque de sa vie qui précède son succès au concours de l'Académie et son départ pour Rome qu'il a produit, comme en se jouant, une suite nombreuse et précieuse d'eaux-fortes d'après Watteau.
Il était né à Paris, le 29 septembre 1703. Entré tout jeune chez Cars le père, il se débrouilla vite. Après la mort de Watteau (1721), quand Jean de Jullienne voulut faire reproduire les dessins de son ami, il trouva en Boucher un collaborateur merveilleusement intelligent et habile: «sa pointe légère et spirituelle semblait faite pour ce travail, a écrit Mariette. M. de Julienne lui donnait 24 livres par jour, et tous deux étaient contents, car Boucher était fort expéditif et la gravure n'était pour lui qu'un jeu». Comme les deux volumes des Figures de différents caractères parurent l'un en 1726 et l'autre en 1728, il est facile de dater ce travail à peu d'années près. A cette même époque, antérieure au départ de Boucher pour l'Italie, remontent les autres gravures, parfois d'assez grandes dimensions, qui figurent dans la deuxième partie du Recueil Jullienne, celle consacrée aux peintures et aux dessins d'ornement de Watteau: le Dénicheur de moineaux, la Coquette, Vue de Vincennes, les Quatre saisons, une suite des Chinois peints pour La Muette, la Troupe italienne, etc.,  toutes oeuvres traitées avec une admirable science de l'eau-forte et dans lesquelles l'artiste, qui devait si bien profiter comme peintre de ces études d'après Watteau faites en vue de la gravure, a su rendre tout l'esprit et, comme on disait alors, tout le feu de ces compositions .
Boucher, agréé le 10 novembre 173I, académicien le 30 janvier 1734, parcourut tous les grades du cursus honorum jusqu'à celui de premier peintre du Roi et de directeur de l'Académie (1765) et mourut à Paris le 30 mai 1770.

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CARMONTELLE   Louis Garrogis De
(1717-1806)

Ce Parisien, fils de cordonnier, devint professeur de mathématiques, auteur de vaudevilles, lecteur du duc d'Orléans, organisateur de fêtes princières, dessinateur de portraits, amateur d'art et graveur par surcroît. Il avait le don de «faire ressemblant». Ses dessins sont nombreux et très vivants. Ses gravures ne dépassent pas le nombre de 7 ou 8.

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CARS   Laurent
(1699-1771)

Fils de Jean-François Cars, un graveur lyonnais spécialiste en portraits, Laurent Cars naquit à Lyon le 28 mai 1699. Son père étant venu se fixer à Paris au début du XVllle siècle, pour y exploiter un fonds de gravures de thèses tout en continuant à publier des portraits, le jeune homme fut d'abord destiné à la peinture; mais il y renonça vite, entra dans l'atelier de son père, travailla auprès du graveur N. H. Tardieu et du peintre François Le Moyne et débuta brillamment avec une estampe d'après ce dernier, Hercule filant aux pieds d'Omphale (1727). Il y montrait une habileté, une souplesse et une liberté de technique exceptionnelles. Ces qualités, jointes à une intelligence remarquable du modèle, devaient faire de lui un des meilleurs traducteurs des peintres de son temps, de François Le Moyne, en particulier, dont il a été l'interprète attitré; de Watteau dont il a gravé des dessins et des peintures et qui lui a fourni l'occasion d'un de ses chefs-d'oeuvre avec Fêtes vénitiennes, une des plus parfaites estampes d'après le maître des «fêtes galantes»; de J. F. de Troy (Bethsabée), de Chardin (la Serinette,) de Greuze, etc. Bien que ce ne soit pas de notre domaine, on ne peut oublier que Laurent Cars fut aussi graveur d'histoire, graveur de portraits (Mlle Camargo dansant, d'après Lancret; Mlle Clairon dans le rôle de Médée, d'après Carle Vanloo), graveur d'illustrations enfin, avec les larges et spirituelles traductions des 32 compositions de Boucher pour le Molière de 1734 et des figures d'Oudry pour les Fables de La Fontaine de 1755.
Agréé à l'Académie le 26 février 1729, académicien le 31 décembre 1733, Laurent Cars mourut à Paris le 14 avril 1771, laissant un oeuvre peu nombreux, mais d'une rare tenue d'ensemble, et ayant formé quantité d'excellents élèves: entre autres, Flipart, Beauvarlet, Augustin de Saint-Aubin.
Caractérisant sa manière et précisant son influence, Lévesque l'a très bien jugé quand il a écrit de Laurent Cars, dans le Dictionnaire des arts de Watelet : «Il mit dans ses ouvrages un goût qui n'était pas celui des graveurs du siècle précédent, qui peut-être ne lui doit pas être préféré, qui même n'aurait pas convenu aux tableaux que ces graveurs doivent rendre, mais qui fut inspiré à Cars par les gravures (sic pour les  peintures) de Le Moine. Les tableaux des grands maîtres d'Italie, ceux de Le Sueur, de Le Brun, de Mignard, avoient dans le faire une sorte d'austérité qui aurait été mal exprimée par l'aimable mollesse que Cars introduisit jusque dans les masses d'ombre...».

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CATHELIN    Louis Jean-Jacques
(1736-1804)

Né et mort à Paris. Académicien (1777). Cet élève de Le Bas fut un des meilleurs graveurs portraitistes de la fin du XVIIIe siècle. Il débuta en 1762 et excella bientôt à exprimer, dans le cadre étroit d'un médaillon, les physionomies des hommes célèbres ou des jolies femmes de son temps. Il échoua un peu dans le très grand portrait, mais dans les dimensions moyennes il réussit, comme dans les petites, à donner quelques bons portraits. Il fut souvent recommandé aux amateurs par son collègue Wille. Son burin est aussi fin et délicat Que ferme et hardi.

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CAYLUS    Le Comte DE
(1692-1765)

Anne-Claude-Philippe de Tubières-Grimoard de Pestel de Lévis, comte de Caylus, naquit à Paris le 3 l octobre 1692. Tour à tour soldat, voyageur, auteur d'écrits badins, dessinateur et graveur, archéologue et académicien, en relation avec un grand nombre d'artistes et d'amateurs, collectionneur lui-même, mêlé de près à l'évolution des doctrines d'art du XVllle siècle, ayant commencé par être l'ami de Watteau pour finir dans le personnage d'un néo-classique, c'est vraiment une curieuse et attachante figure que celle de ce gentilhomme artiste et lettré. Il était remarquablement doué pour le dessin et la gravure, et les quatre gros volumes remplis de ses estampes, conservés à la Bibliothèque nationale, montrent à quel point sa curiosité fut diverse, comment son goût pour les maîtres anciens (Titien, Véronèse, les Carrahe, Guerchin, Itembrandt, etc.) ne l'empêchait pas d'apprécier les mérites de ses contemporains (Watteau, Gillot, Coypel, Bouchardon, etc.), comment enfin, s'appliquant de préférence à traduire les dessins, il a su exprimer par un trait d'eau-forte volontairement cursif les caractères distinctifs des oeuvres qu'il reproduisait. En vérité, Lévesque a été bien sévère quand il a dit de Caylus, dans le Dictionnaire des arts de Watelet, qu'il avait gravé «avec plus de zèle que de talent». Le malheur est que beaucoup de ses eaux-fortes ont été reprises et terminées au burin par des professionnels de son temps (par exemple, celles des Cris de Paris, d'après Bouchardon, retouchées par E. Fessard,), ce qui les a toujours alourdies et quelquefois complètement gâtées.
Nommé honoraire amateur de l'Académie de peinture en 1731 et membre de celle des Inscriptions en 1742, le comte de Caylus est mort à Paris le 5 septembre 1765. .

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CAZENAVE
Né à Paris vers 1770, Cazenave est un des spécialistes de la gravure au pointillé, mise à la mode en Angleterre par Bartolozzi, et qui fit fureur en France pendant les dernière années du XVIIIe siècle. Boilly et Prud'hon, entre autres, bénéficièrent de cette vogue; et, pour Cazenave, les estampes qu'il a données d'après le premier de ces artistes, l'Optique, en particulier, constituent le meilleur de son oeuvre. On lui doit aussi des gravures moins heureuses, d'après des scènes de la Révolution peintes par Benazech, Bouillon et d'autres.

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CHAPONNIER  Alexandre
(1753-1805)

Comme pour Cazenave, ce sont des oeuvres de Boilly qui viennent à l'esprit quand on cite le nom d'Alexandre Chaponnier : il est un de ceux qui ont traduit avec le plus de bonheur les compositions du petit maître, à l'extrême fin du siècle.
Il était né à Genève en 1753, et l'on ne sait rien de sa formation. On le trouve assez tôt établi à Paris, qui se consacre à la reproduction de pièces mythologiques d'après Huet, Regnault, Charpentier, Legrand, etc., sans que rien de tout cela mérite autre chose qu'une mention. Spécialiste du pointillé, il acquiert une virtuosité remarquable et réussit particulièrement dans la scène galante; avec Schall, avec Boilly surtout, il donne alors les oeuvres qui lui ont fait un nom: le Prélude de «Nina» la Comparaison des petits pieds, le Bouquet chéri, L 'Amant favorisé, sorte de contrepartie du Verrou, et d'autres encore, accueillies avec un grand succès et qui ont sans doute contribué à la réputation du graveur autant qu'elle ont aidé à la notoriété du peintre.
Mieux vaut taire, par contre, un plafond d'après Prud'hon (l'Étude donne l'essor au Génie) et une composition historique, le Passage du pont d'Arcole, où Chaponnier se montre au-dessous du médiocre. Il mourut en 1805.

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CHAPONNIER   François Philippe
(1737-1817)

On sait fort peu de choses sur ce graveur, né à Blois le 3 octobre 1737 et mort dans la même ville le 22 juillet 1817. Il a attaché son nom à la recherche du procédé de gravure en manière de lavis, et ses premiers résultats en ce sens dateraient de 1756, année ou il donna une Vieille fileuse d'après Palmerius; il aurait donc abouti avant J. C. François, dont le dessin pour un plafond, d'après Boucher, est daté de 1758. Ce qu'il y a de singulier, dans l'oeuvre de Charpentier, c'est qu'auprès d'estampes qui sont la perfection même, comme celles dans lesquelles il a gravé les lavis de Fragonard la Culbute, de Boucher, de Greuze, on trouve d'autres pièces, en particulier des portraits et des paysages, tellement médiocres qu'on a pu se demander si elles sont bien l'oeuvre du même artiste.
On donne pour élève à Charpentier le graveur suédois Per Gustaf Floding (1731-1791), qui travailla à Paris de 1755 à 1764 et fut aussi l'un des élèves de Le Bas.
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CHEREAU   François
(1736-1804)

Né à Blois, mort à Paris. Académicien (1718). Cet artiste, le premier en date de toute une dynastie, fut l'élève de Gérard Audran, puis de P. Drevet. Comme ce dernier, il devint un des bons traducteurs de Rigaud. Il fut à la fois graveur et éditeur d'estampes, rue Saint-Jacques, «Aux deux piliers d'or» (fonds acheté à la veuve de Gérard Audran).

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CHEREAU   Jacques
(1688-1776)

Né à Blois et mort à Paris. J. Chéreau passa comme son frère François par l'atelier de G. Audran; puis, après avoir donné quelques bons portraits au temps de la Régence, il se rendit en Angleterre. De ses deux filles, l'une épousa son cousin François II Chereau; l'autre le graveur Huquier.

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CHOFFARD    Pierre  Philippe
(1730-1809)

C’est le maître ornemaniste du livre au XVlIIe siècle, le décorateur au goût toujours sûr, le dessinateur amusant et varié à l’infini dans l’invention, le graveur plein de verve et de légèreté dans l’exécution, qui a enrichi de ses fleurons et de ses culs-de-lampe, la plupart gravés d’après ses propres dessins, quantité d’ouvrages chers aux bibliophiles.
Né à Paris le 19 mars 1730 et de bonne heure apprenti chez un graveur de cartes et de plans, Dheulland, où il était chargé de la reproduction des cartouches, il se fit un nom pour ses billets d’invitation, ses ex-libris, ses cartes d’adresses. La célébrité lui vint avec les ornements des Contes de La Fontaine des Fermiers généraux (1761-1762), une de ses œuvres les plus Connues. Ensuite, il se multiplia, gravant non seulement d’innombrables vignettes d’après Monnet, Cochin, Gravelot, Marillier, Moreau le jeune, Hilair, Monsiau, etc. , qui vont des Métamorphoses d’Ovide (1767) à René et Atala en passant par les Confessions, mais aussi des portraits et, seule chose qui nous intéresse ici, des estampes de genre, en très petit nombre du reste : les Amours champêtres, les Amants surpris, «Marchez tout doux, parlez tout bas», d’après Baudouin. Portalis et Beraldi ont catalogué 855 pièces sous son nom.
Cet excellent artiste, qui a laisse aussi la réputation d’un homme excellent, a écrit une Notice historique sur l’art de la gravure (1804), et, sans cesser de graver, il se proposait de reprendre cet ouvrage sur un plan plus étendu, quand il mourut le 7 mars 1809.

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CHRÉTIEN   Gilles Louis
(1754-1811)

Ce musicien de la chapelle du Roi a sa place parmi les graveurs de portraits du XVlIle siècle, parce qu'il inventa (ou perfectionna) un moyen de tracer mécaniquement le profil d'une personne. Il s'associa successivement avec les miniaturistes Quenedey et Fouquet pour graver les profils ainsi obtenus, planches restées célèbres sous le nom de «physionotraces».

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COCHIN   Charles Nicolas (Le Père)
(1688-1754)

Un des meilleurs graveurs du XVIIe siècle, et sans doute le plus complet de tous.
Né à Paris le 29 février 1688, fils d'un peintre qui le destina à la peinture, c'est seulement à vingt-deux ans que Charles Nicolas Cochin se mit à graver. Il donna d'abord de grandes planches à sujets historiques ou religieux, soit d'après des maîtres anciens, soit d'après des artistes de son temps.
Agréé à l'Académie le 26 février 1729, académicien le 31 août 1731, il avait alors trouvé sa véritable voie et s'était consacré à l'interprétation de ses plus notoires contemporains : il avait été des premiers graveurs de Watteau, et plusieurs de ses estampes d'après ce maître comptent parmi les plus belles traductions qu'on ait données de ses peintures (le Bosquet de Bacchus, la Mariée de village, l'Amour au Théâtre Italien, l'Amour au Théâtre François, etc.); il a gravé aussi Ch. A. Coypel (Poltronnerie de Sancho à la chasse), Lancret (entre autres, le Jeu de Colin-Maillard,), Chardin (la Petite fille aux cerises, la Fontaine, la Blanchisseuse, l'Écureuse, etc.), J. f .de Troy (par exemple, le Jeu du pied-de-bceuf,); enfin il a gravé son fils, avec deux des quatre grandes compositions que ce dernier avait dessinées lors des fêtes du mariage du Dauphin fils de Louis XV avec l’infente d’Espagne en 1745 : le Bal paré et le Bal masqué . Son oeuvre, riche de plus de 500 pièces, comprend aussi des portraits, des tableaux historiques, mythologiques, religieux, des paysages, des vignettes, des ornements, etc. Admirable virtuose de l'eau-forte, buriniste aussi savant que discret, interprète aussi «artiste» qu'il est possible de l'être, jamais négligé, jamais monotone, jamais diffus ni pesant, sachant comprendre une peinture, sachant varier sa manière et l'adapter au maître qu'il traduit, sachant enfin s'effacer derrière ce maître et faire oublier son propre mérite, tel est Charles Nicolas Cochin le père, qui unit à ses talents professionnels les plus belles qualités françaises: intelligence, mesure et clarté.
Il mourut le 5 juillet 1754, depuis longtemps veuf de Louise-Madeleine Horthemels (laquelle était graveur, comme ses deux soeurs, femmes l'une du graveur N.-H. Tardieu et l'autre du peintre A. S. Belle) et laissant un fils qui devait le dépasser en célébrité.

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COCHIN  Charles Nicolas  (Le Fils)
(1715-1790)

La notice sur Cochin le fils est forte, en effet l’oeuvre dessiné et gravé est considérable, ne relève de la gravure de meurs et de genre que pendant les premières années de sa longue, brillante et féconde carrière ; ce sont les portraits et surtout les illustrations qui remplissent tout le reste. Encore faut-il, pour représenter ici Cochin le fils, oublier qu’il est le plus souvent son propre graveur (voir, par exemple, l’un de ses types de Paris, le Tailleur pour femme), et que c’est par exception, et surtout dans la période de ses débuts, qu’on le voit travailler d’après les autres (témoin sa planche de la Foire de campagne de Boucher).
Né à Paris le 22 février 1715, il avait de qui tenir et taillait le cuivre dès l’âge de 12 ans ; il acheva sa formation chez Le Bas, et l’observateur né, l’excellent dessinateur qu’il était se doubla ainsi d’un graveur possédant à fond toutes les ressources du métier. Remarqué de bonne heure, du reste fort adroit à profiter des occasions et servi par une chance exceptionnelle, Cochin fut nommé, à 24 ans, dessinateur et graveur des Menus Plaisirs (1739), à point nommé pour assister à une série de fêtes qui devaient 1ui fournir l’occasion de plusieurs chef-d'œuvres : il s’agit des vastes et magnifiques compositions commémorant les réjouissances données à Versailles lors des deux mariages du Dauphin, fils de Louis XV, en 1745 et 1747, gravées les unes par son père :  les autres par lui-même (Cérémonie du mariage de 1745 dans la chapelle de Versailles.  Décoration de la salle de spectacle ; le Jeu du Roi,), et aussi des planches, guère moins importantes, qui conservent le souvenir des pompes funèbres célébrées à la même époque.
Désigné par Mme de Pompadour pour être l’un des compagnons de son frère, M. de Vandières (le futur Marquis de Marigny) lors du voyage d’œuvres de 1749-1751, Cochin se révèle, au retour, comme critique et comme apôtre du grand art ; il abandonne l’observation et l’étude de mœurs, il vise au style et ne voit dans ses compositions que matière à d’inépuisables allégories ; en même temps, sans cesser de produire, il conseille, il dirige, et tant par sa place de secrétaire et historiographe de l’Académie que par ses relations d’amitié avec Marigny, il exerce une influence marquée dans le monde de l’art.
Agréé à l’Académie le 29 avril 1741, académicien le 4 décembre 1751, secrétaire et historiographe en 1755, conseiller en 1774, Cochin le fils mourut le 29 avril 1790, ayant joué un rôle et tenu une place remarquables dans sa production. «On trouve dans ses ouvrages, écrit l’abbé de Fontenay (Dictionnaire des artistes, 1776), cet esprit, cette pâte, cette harmonie et cette exactitude qui constituent l’excellence de la gravure.».

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COPIA   Jacques Louis
(1764-1799)

Né en 1764, à Landau, Copia vint de bonne heure travailler à Paris. Ses premières gravures, vignettes, portraits ou pièces de genre, sont d'assez médiocres choses, et leur sécheresse de facture ne laisse guère présager la qualité tout opposée des oeuvres qui vont suivre. Sa métamorphose, comme aussi sa gloire, c'est à Prud'hon que Copia la doit. Nouvellement arrivé à Paris à son retour d'Italie (1789), sans relations, sans appuis, Prud'hon rencontra Copia et se lia d'amitié avec lui. Le graveur interpréta trois dessins commandés à Prud'hon par un amateur et exposés au Salon de 1793: la Vengeance de Cérès, le Cruel rit des pleurs qu'il fait verser, l'Amour réduit à la raison, gracieuses illustrations de l'anthologie dont le sentiment comme l'exécution étaient alors aussi inattendus, aussi nouveaux pour le public que personnels à l'artiste, et il s'assimila si intimement la manière du dessinateur, il adapta si parfaitement le procédé moelleux et enveloppé de la gravure au pointillé à ses crayonnages, que les noms des deux artistes sont devenus inséparables. Aussi bien doit-on croire que Copia travailla sous les yeux de Prud'hon, peut-être même, car Prud'hon, lui aussi, a manié la pointe, avec sa collaboration.
Outre les admirables planches pour Daphnis et Chloé et pour la Nouvelle Héloïse, aussi d'après Prud'hon, outre des vignettes révolutionnaires d'après le même maître, Copia peut encore se réclamer d'estampes allégoriques de la Révolution, d'après Sicardi, Boilly (le Porte-drapeau de la fête civique) et d'un Marat assassiné d'après David.
Il mourut prématurément, le 30 ventôse an VII (20 mars 1799), sans avoir pu connaître la consécration de son ami, mais laissant un élève, Roger, qui hérita de sa manière et de son culte pour l'auteur de Psyché enlevée par les Amours.

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COURTOIS    Pierre François
(1736-1763)

Artiste dont on ne sait à peu près rien. Les auteurs de répertoires biographiques le font naître à Paris en 1736 et mourir à Rochefort en 1763. De même pour son oeuvre : quand on a cité les deux estampes bien connues d'après deux dessins d'Augustin de Saint-Aubin, Promenade des remparts de Paris et Tableau des Portraits à la mode, et un titre frontispice de livre, on a tout dit.

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CREPY   Louis
Né et mort à Paris. Fils de graveur, Crépy se forma probablement dans l'atelier de son père. Il fit partie de l'équipe des artistes réquisitionnés par Jullienne pour graver l'oeuvre de Watteau et signa six pièces d'après ce peintre. Son oeuvre compte quelques portraits, mais c'est dans le paysage qu'il réussit le mieux.

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DAGOTY   Jean Baptiste
André Gauthier
(1744-1786)

Fils aîné du Marseillais, Jacques Gauthier Dagoty (qui perfectionna l'invention de la gravure en couleurs par l'adjonction d'une planche en noir à la superposition des trois planches en couleurs de Christophe Le Blon), ce graveur semble avoir eu plus de talent que son père et que ses quatre frères. Un érudit, M. Vuaflart, prépare une biographie et un catalogue des oeuvres respectifs des six Dagoty.

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DAUDET  Robert
(1737-1824)

Né à Lyon, mort à Paris. Elève de son père marchand d'estampes à Lyon, puis de Wille à Paris, le jeune Daudet devint bien vite le collaborateur de son maître. Plus tard, il se fit à son tour aider par l'aquafortiste Weisbrodt, un autre élève de Wille. Daudet est un spécialiste du paysage. Il a traduit sur le cuivre, avec un égal succès, Vernet, Berghem, Wouwerman et quelques autres maîtres flamands. Il travailla beaucoup pour les éditeurs Basan et Lebrun.
C'est lui qui donnait à un amateur d'estampes ce conseil: «Toujours du très beau ou point.».

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DARCIS   Louis
Ce spécialiste de la gravure au pointillé n'est guère mieux Connu que Courtois: on ignore la date de sa naissance et on sait seulement qu'il mourut en 1801. Bien que d'une qualité très ordinaire, on a fait une espèce de réputation à ses deux pendants, l'Accident imprévu et la Sentinelle en défaut, d'après lavreince, pièces typiques de sa manière.
Pendant la Révolution, il a gravé des portraits, des allégories; et, sous le Directoire, des sujets de moeurs, des scènes de la rue, des types à la mode, d'après Isabey, Bailly, Carle Vernet, P. Guérin, et d'autres, parfois d'un talent beaucoup moins remarquable.

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DAULLE   Jean
(1711-1765)

Encore un Abbevillois, encore un de ces jeunes graveurs qui furent envoyés à leur compatriote Robert Hecquet, logés et dirigés par lui aux premiers temps de leur séjour dans la capitale .
Celui-là y arrivait déjà dégrossi: né le 18 mai 1703, il avait reçu les leçons de Dom Robart, religieux du prieuré de Saint Pierre d'Abbeville, et Robert Hecquet put l'employer tout de suite à des planches de thèses. Spécialiste de la gravure au burin, divers portraits le firent bientôt remarquer, et celui de la Comtesse de Feuquières, la fille de Mignard, d'après ce maître, morceau d'un très grand mérite (1735), attira sur l'artiste l'attention de Rigaud qui le fit travailler. Agréé le 30 juin 1742, Daullé fut reçu académicien dans la même séance, sur le Portrait de H. Rigaud peignant sa femme, Élisabeth de Gouy, gravure célèbre et l'une des meilleures de l'artiste.
L'oeuvre de Daullé est peu abondant, E. Delignières, son biographe, a catalogué sous son nom 174 pièces, et mais c'est surtout comme graveur de portraits qu'il a donné la mesure de son talent. Il employa parfois J. G. Wille, alors débutant, à graver les vêtements des portraits dont il se réservait la tête, ce qui a fait dire à Mariette que «Daullé seul ne pouvait rien faire de bien». Jugement trop sévère, en regard duquel on doit placer celui de Wille : tout en reconnaissant que son maître était «extrêmement prompt au travail », Wille lui rend pleinement justice et déclare qu'il doit être compté «au nombre des bons graveurs de son temps». Ce qu'il faut dire, c'est que chargé de famille et pressé par le besoin d'argent, son extrême facilité et son peu de sévérité pour lui-même l'ont quelquefois desservi; certaines de ses planches auraient gagné à rester plus longtemps sur le métier, il n'en reste pas moins que ses grandes estampes de genre d'après Ch. A. Coypel, d'après Boucher surtout, qui lui convenait parfaitement et qu'il a brillamment et complaisamment interprété (les Charmes de la vie champêtre ), d'après de Troy, Vernet, Oudry, etc., ont bien des qualités et ne sont pas indignes de celui dont la véritable gloire est d'avoir servi de trait d'union entre les Drevet d'une part et J.-G. Wille de l'autre, et assuré la continuité de la grande tradition française du portrait gravé. Il mourut le 23 avril 1763.

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DEBUCOURT    Philibert Louis
(1755-1832)

Né à Paris le 13 février 1755, élève de Vien à l'Académie (1774), Debucourt, agréé le 28 janvier 1781, débuta comme peintre au Salon de cette année et continua d'exposer, en 1783 et 1785, des petits sujets «dans le genre des Flamands», à côté de saynètes dans le goût de Lavreince et de Baudouin.
Ensuite, il disparaît des Salons jusqu'en 1810, mais pour se révéler sous un jour nouveau: après quelques essais de gravure qui remontent à 1781, il donne en 1785 les premières de ces estampes en couleurs qui ont fait sa gloire, gravant ses propres compositions et atteignant presque du premier coup à la perfection. Dès 1786, avec le Menuet de la mariée, il est maître de son procédé favori, qui est celui de Janinet et de Descourtis: la gravure en couleurs à plusieurs planches repérées. De 1787, datent ces pièces légères ou galantes qui s'appellent l'Oiseau ranimé, Heur et malheur ou la Cruche cassée, l'Escalade ou les Adieux du matin, ou bien des scènes familiales comme le Compliment ou la Matinée du jour de l'an, qui aura pour pendant les Bouquets ou la Fête de la grand’ rnaman. Enfin, en 1787 et en 1792, il met au jour deux étonnantes estampes de moeurs, aussi remarquables par l'acuité de l'observation que par la maîtrise de l'interprétation et la perfection du tirage: la Promenade de la Galerie du Palais Royal et la Promenade publique. Parallèlement à ces divers sujets, il donne quelques portraits, exploite quelques thèmes révolutionnaires, et quand s'achève le XVllIe  siècle, son oeuvre compte 64 pièces originales.
Dès lors, sa production se transforme du tout au tout: ce peintre-graveur, virtuose de tous les procédés connus, et lui-même inventeur de nouvelles techniques, se fait graveur de reproduction, et si laborieux, si fécond, que lorsqu'il meurt, le 22 septembre 1832, son oeuvre, inégal quant à l'intérêt des sujets mais toujours irréprochable quant à l'exécution, son oeuvre ne compte pas moins de 558 numéros.

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DEMARTEAU    Gilles
(1722-1776)

On a pu, pendant un temps, voir en Gilles Demarteau l'inventeur, ou plutôt le rénovateur, car l'invention remonte plus haut que le XVllIe siècle, du procédé de gravure dit «en manière de crayon» aujourd'hui, l'examen des dates ne permet plus d'accepter cette opinion, Mais, si c'est à J. C. François, de Nancy, qu'il faut faire honneur de l'invention, il reste à Demarteau celui d'avoir su tirer du procédé le parti le meilleur et de l'avoir porté à sa perfection, C'est bien quelque chose.
Né à Liége le 19 janvier 1722, fils d'un graveur armurier, Demarteau vint de bonne heure en apprentissage à Paris et reçut la maîtrise en 1746. Agréé à l'Académie, le 26 avril 1766, reçu académicien le 2 septembre 1769, il mourut à Paris, le 31 juillet 1776, laissant à son neveu Gilles Antoine la très belle fortune qu'il avait amassée et le riche fonds de planches qu'il avait constitué, planches qui, toutes, étaient son oeuvre et l'oeuvre des vingt dernières années de sa vie.
Dès le temps où François présenta à l'Académie de peinture ses essais dé gravure en manière de crayon (26 novembre 1757), Demarteau était en relations avec Cochin, qu'il avait gravé en 1755 et grava par la suite à diverses reprises (en particulier, le fameux Lycurgue blessé, son morceau de réception); or, dans la lettre à Marigny où il expose le sentiment, de l' Académie sur 1'invention de François, Cochin ne fait à Demarteau, et sans le nommer, qu'une allusion fort discrète; nul doute que s'il avait cru à l'antériorité des titres de son graveur, il n'eût profité de l'occasion pour rétablir la vérité. François fut donc pensionné par le Roi, et c'est seulement après sa mort (1769) que sa pension fut attribuée à Demarteau.
Par contre, Demarteau a «réalisé» plus vite que François. Beaucoup mieux doué que lui comme dessinateur et comme graveur, il a produit quantité de charmantes et parfaites petites estampes, donnant réellement l'illusion des dessins au crayon de Watteau, de J. B. Huet, de C. Vanloo, de Pierre, de Le Prince, de Cochin, de Boucher surtout qu'il a copieusement reproduit; ces estampes, très recherchées aujourd'hui, imitent ordinairement les sanguines, et quelquefois les dessins aux deux ou aux trois crayons.
L. de Leymarie, dans son Catalogue de Demarteau l'aîné (I896), relève 729 pièces à l'actif de l'artiste, sans compter les cahiers ou recueils, lesquels sont au nombre de 86, certains, contenant jusqu'à 69 pièces.

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DENON  (Le baron Vivant)
(1747-1825)

Né à Chalon-sur-Saône, mort à Paris. Académicien (1787) et membre de l'Institut (1803).
Ce diplomate et voyageur, fit de la gravure par amusement; mais il eut mieux qu'un talent d'amateur. Il mania la pointe avec beaucoup d'habileté, s'essaya au burin, à la manière noire, pasticha Callot, Rembrandt et bien d'autres. Il fut en outre l'un des premiers adeptes de la lithographie naissante. C'est à son retour de Saint-Pétersbourg, son premier poste, qu'il commença à graver le portrait de ses amis ou ennemis. Il continua, durant ses séjours successifs à Naples et à Venise. Sous la Révolution, son talent lui valut la protection de David, puis le fit attacher à l'expédition d'Egypte et nommer enfin directeur général des musées impériaux. En 1815 il défendit héroïquement les collections nationales et y perdit son poste. Il se consola en faisant, pendant dix ans, les honneurs de son Cabinet à l'Europe entière.

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DESPLACES  Louis Philippe
Compagnon
(1682-1739)

Né et mort à Paris. Cet artiste, trop peu connu, fut peut-être le plus coloriste de tous les graveurs de son temps.  L’historien de la gravure G. Duplessis a reconnu qu'en traduisant Jouvenet, il sut ajouter au coloris des originaux. Ce don, joint à la fermeté de son dessin, en fit un excellent interprète de Rubens, de Véronèse et surtout de Largillierre. Son oeuvre (75 planches environ) comprend des reproductions de peintures de la Galerie du Palais Royal, des travaux pour le Cabinet Crozat, pour le recueil de Jullienne, des pièces diverses et quelques portraits .

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DEQUEVAUVILLER     François
(1745-1807)

Né à Abbeville en 1745 et élève, à Paris, de Son compatriote J. Daullé, cet artiste délicat se trouve associé, par quelques-unes de ses meilleures planches, à la renomée de Lavreince qu'il a fort bien servi, non pas certes à la manière de N. de Launay, mais avec une petite technique menue et sèche, une recherche de lumière sans éclat et de couleur un peu sourde qui ont leur agrément. C'est dans l'Assemblée au salon et dans l’Assemblé au concert qu'il a mis le meilleur de son talent; mais on, peut citer aussi le Lever et, le coucher des ouvrières en modes, l'École de danse, le Contretemps, d'après Lavreince, et l’Indiscret, d'après Borel, pendant du Contretemps et non moins leste. Pour être complet, il faudrait ajouter à cette liste Je nombreux paysages pour le Voyage de Naples, la Description de la France, etc. Comme interprète des maîtres anciens, il a collaboré à la Galerie du Palais Royal, à la Galerie de Florence, au Musée français, etc.
Dequevauviller, qui avait épousé Marguerite Angélique Scolastique de Poilly, de la famille des illustres graveurs de ce nom, est mort à Paris, en 1807.

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DESCOURTIS    Charles Melchior
(1753-1820)

Peu de chose à dire sur ce spécialiste de la gravure en couleurs, né à Paris en 1753 et mort en 1820. Élève de Janinet, il a parfois rivalisé avec son maître et aussi avec un autre grand virtuose du procédé, Debucourt. La Rixe et le Tambourin, d'après Taunay, et surtout Foire de village et Noce de village  d'après le même, sont ses pièces les plus estimées; on lui doit aussi deux agréables pendants d'après Schall, les Espiègles et l'Amant surpris, des illustrations extrêmement pauvres, et de jolis paysages de Paris et de Rome d'après Pierre Antoine de Machy.

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DUCLOS  Antoine Jean
(1742-1795)

Élève d'Augustin de Saint-Aubin, qui le forma à son image, Duclos, né en 1742, a donné sa mesure dans les deux célèbres pendants qu'il a si brillamment gravés d'après son maître: le Concert et le Bal paré.
Mais ces deux estampes achevées, qui suffiraient à sa réputation, ne sont pas les seules dont il puisse se prévaloir: il en a gravé beaucoup d'autres; seulement, comme il était un admirable praticien de l'eau-forte, il n'en a donné que les préparations, et c'est aux burinistes qui les ont terminées et signées qu'on en fait généralement honneur; telles sont, par exemple, l'Événement au bal et le Coucher, d'après Freudeberg, la Parade, d'après Gabriel de Saint-Aubin (celle-ci restée à l'état d'eau-forte), le Festin royal, d'après Moreau le jeune (comme en témoigne l'inscription portée sur une épreuve de la collection Renevey, vendue en 1924 ), les Principales journées de la Révolution, d'après Monnet, etc.
L'oeuvre de Duclos compte aussi une infinité de vignettes, et ici encore il a été souvent le préparateur à l'eau-forte, travaillant d'après les meilleurs spécialistes de l'illustration et collaborant à tous les "beaux livres de la deuxième moitié du siècle. Dessinateur adroit et spirituel, il s'est parfois gravé lui-même. Enfin, il faut citer, plus peut-être pour le bruit qu'elle a fait que pour son véritable mérite, son importante composition d'après Desfossés, la Reine Marie Antoinette annonçant a Mme de Bellegarde la liberté de son mari, laquelle relève de l'histoire.
Duclos est mort le 3 octobre 1795.

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DREVET  Pierre
(1663-1738)

Né à Loire (Lyonnais), mort à Paris. Académicien (1707).
Le premier des trois portraitistes du nom de Drevet passa successivement par l'atelier de Germain Audran à Lyon, de Gérard Audran à Paris et du peintre Hyacinthe Rigaud dont il devint le graveur par excellence. Il s'inspira beaucoup de la manière de Gérard Edelinck et fit passer le grand style du portrait du XVIle siècle dans l'art du XVIIIe. Ses planches (118 environ) sont peu nombreuses, mais il a su unir dans ses travaux les qualités d'un dessin savant et précis, à celles d'un burin aussi ferme qu'harmonieux. Jamais, disent ses biographes, il ne compta ni son temps ni sa peine. Graveur du roi dès 1696, il semble avoir vécu dans la retraite, uniquement préoccupé de son art et de son fils.

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DREVET  Pierre Imbert
(1697-1739)

Né et mort à Paris. Académicien (1724). Fils et élève du précédent, et aussi bien doué que lui, ce graveur mania le burin d'une manière similaire, mais peut-être plus fine et plus brillante. Il devint fou peu après sa réception à l'Académie et ne recouvra sa raison qu'à la mort de son père, pour comprendre son malheur et pour mourir de chagrin. Son dernier travail fut un Christ au Jardin des Oliviers d'après Restout, qu'il signa en ajoutant à son nom «Priez Dieu pour lui». L 'oeuvre de cet infortuné comprend une quarantaine de pièces dont les meilleures sont des portraits, quelques-uns dus à la collaboration du père et du fils.

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DREVET  Claude
(1697-1781)

Né à Lyon, mort à Paris. Académicien (1749). Élève de son oncle et héritier de son cousin, ce graveur imita leurs travaux, tout en exploitant leur fonds de planches (auquel vinrent s'ajouter 150 planches de Nanteuil, d'Edelinck, de G. Audran et autres graveurs). Sa grande habileté  dégénéra un peu en virtuosité pure. Il devint graveur du roi en 1739. Mais, après son mariage en 1745, il cessa de graver et passa le reste de sa longue vie dans la retraite et dans l'inaction.

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DUNKER   Balthazar Antoine
(1746-1807)

Né à Saalbourg (Poméranie), mort à Berne. Cet étranger vint jeune à Paris où il eut pour maîtres Wille et les peintres Vien et N. Hallé. Son talent d'aquafortiste le fit souvent charger des préparations de planches que devaient terminer des spécialistes du burin. On lui envoyait les cuivres jusqu'à Berne où il s'était fixé, après avoir Quitté la France.

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DURET  Pierre Jean
Né à Paris. Cet artiste fut élève de Le Bas. Il se spécialisa dans la traduction sur cuivre des peintres de paysages, Vernet, Wouwerman, Ruysdael, Van der Neer, Lantara. Il collabora en outre à la grande entreprise des Fables de La Fontaine, d'Oudry.

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FESSARD Etienne
(1714-1777)

Suffisant, encombrant, insupportable, tel est l'homme: Portalis et Beraldi l'ont bien jugé quand ils écrivent que «sa tendance à s'imposer, ses demandes incessantes, sa prétention de se réserver pour lui seul la gravure de tous les tableaux du Cabinet du Roi, la sécheresse de son burin, l'entreprise à demi avortée des Fables de La Fontaine» lui ont valu un piètre renom. Pour l'artiste, adroit et facile, mais au demeurant assez médiocre, il a touché à tout ce qui peut se graver: histoire, genre, portraits, vignettes, etc.
Né en 1714, élève d' Edme Jeaurat, il commença par interpréter Pierre et Chardin; collabora avec Caylus dont il termina, entre autres, les planches des Cris de Paris d'après Bouchardon; traduisit en quinze grandes estampes les peintures de Natoire à la chapelle des Enfants Trouvés; et travailla aussi d'après F. Le Moyne, Lancret, Boucher, J. F. de Troy, Carle Vanloo, etc...
Agréé le 26 mai 1753, Fessard ne devint pas académicien ; il mourut le 2 mai 1777.

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FICQUET   Étienne
(1719-1794)

Né et mort à Paris. Fils d'un professeur de philosophie, ce graveur semble avoir été poussé vers les arts par sa mère fille d'un orfèvre. Il eut pour maîtres Schmidt et Le Bas et, comme eux, il commença sa carrière par des travaux pour l'éditeur Odieuvre. Une myopie excessive lui fit se créer une spécialité des petits portraits à mettre dans les livres, portraits qu'il gravait avec autant de fini que d'art. Son oeuvre en compte 176 dont les plus célèbres sont celui de La Fontaine et celui du graveur Eisen dans le «La Fontaine» des Fermiers Généraux en 1762. Il attaquait, dit-on, directement le cuivre sans dessin préalable. Il n'a guère reproduit que des oeuvres d'autres artistes, peintures ou estampes, mais son burin lui valut ce compliment d'un rédacteur du Mercure de France de 1772 : «Ficquet, graver ainsi, c'est moins graver que peindre.». Il mourut dans la gêne après avoir travaillé toute sa vie et gaspillé en fantaisies enfantines les gains de son travail.

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FIESINGER  Jean Gabriel
(1723-1807)

Né à Offenbach (Alsace). Cet artiste travailla sur les bords du Rhin, en Angleterre, puis à Paris. Il prit à Londres le goût de la pratique du pointillé, et grava dans cette manière, de 1789 à 1800, des suites diverses, Constituants, Généraux,... portraits dont les meilleurs sont ceux de Mirabeau, Clermont-Tonnerre, Robespierre, Desaix et Kléber.

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FILLOEUL  Pierre
Fils d'un graveur abbevillois Gilbert Fillreul (né en 1644), Pierre Fillreul était déjà en possession de quelque réputation au temps qui suivit la mort de Watteau (1721), puisqu'il collabora au recueil de gravures publié d'après ce maître par Jean de Jullienne. Outre Watteau, dont il a aussi gravé des dessins dans un recueil imité des Figures de différents caractères et intitulé Livre de différents caractères de têtes, (1734), c'est Pater surtout que Fillreul s'est attaché à reproduire; il fut, en particulier, un des collaborateurs les plus actifs de la suite d'estampes d'après les Contes de La Fontaine, dite «suite de Larmessin», où son maître de prédilection tient une place importante (voir le Glouton,). Il a aussi gravé Cotelle, Chardin, Le Mesle et divers peintres plus anciens. C'est un artiste incroyablement inégal: pour ses estampes d'après Pater notamment, tantôt elles rendent assez heureusement le côté brillant et piquant des tableaux, tantôt ce sont de lourdes et maladroites images, aussi éloignées que possible de la qualité des originaux.

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FLIPART  Jean Jacques
(1719-1782)

Né à Paris le 15 février 1719, où son père, originaire d'Abbeville était graveur, il fut mis en apprentissage chez Cars; il passa aussi par l'atelier d'Aveline. Opiniâtre au travail, il fut très long à se former, et c'est seulement en 1747 que le frontispice, gravé d'après M. A. Slodtz, pour la Description des fêtes données par la Ville de Paris il l'occasion du deuxième mariage du Dauphin, fils de Louis XV, attira sur lui l'attention. Vers le même temps, une Sainte Famille d'après J. Romain, puis un Adam et Ève d'après Natoire, achevèrent de le faire connaître. Agréé à l'Académie, le 28 juin 1755, il ne devint pas académicien.
Ce qui à le plus contribué à son renom, ce sont les gravures qu'il exécuta d'après Greuze. En dépit des critiques de Diderot, fort vives et parfois justifiées, en dépit du petit pamphlet attribué au graveur Gaucher et intitulé Lettres d'un voyageur a Paris a son ami Sir Charles Lowers (I779), où plusieurs de ses estampes d'après Greuze sont analysées sans indulgence, Flipart a bénéficié de l'engouement que le public montra pour les productions de l'auteur de l' Accordée de village; il faut reconnaître, du reste, que, si les critiques de Diderot et de Gaucher sont fondées, elles peuvent s'appliquer aussi bien au peintre qu'au graveur, car celui-ci s'est attaché à reproduire les peintures de Greuze avec autant d'exactitude dans le sentiment que dans l'effet: Jeune fille pleurant son oiseau mort, le Gâteau des rois, le Paralytique servi par ses enfants, ont toutes les qualités et tous les défauts des oeuvres originales. Flipart a aussi très intelligemment traduit Boucher, Chardin (le Dessinateur), C. Vanloo, J. Vernet, Cochin le fils; on lui doit également quelques vignettes et des portraits.
Dans le Dictionnaire des arts de Watelet, Lévesque a bien défini ce qui caractérise les deux techniques dont cet artiste a fait successivement usage: après avoir longtemps gravé, dit-il, «d'une manière large, moelleuse, empâtée», Flipart, considérant que la gravure était «une sorte de peinture monochrome», en vint à cacher complètement les hachures, grâce à l'emploi d'une préparation à l'eau-forte extrêmement poussée, sur laquelle il revenait à plusieurs reprises, tant au burin qu'à l'eau-forte, et qu'il parachevait ensuite à la pointe sèche, le tout sans s'astreindre à aucune régularité dans les tailles.
Flipart mourut le 10 juillet 1782, laissant la réputation d'un fort brave homme, modeste et désintéressé, autant que d'un probe et consciencieux artiste.

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FRANÇOIS    Jean Charles
(1717-1769)

On a vu plus haut, à propos de Gilles Demarteau, quelle rivalité s'était élevée entre cet artiste et François touchant l'invention, ou plutôt la rénovation et la mise en pratique de la gravure dite «en manière de crayon» , et ce qu'il fallait penser de leurs titres respectifs en la matière.
François était né à Nancy le 4 mai 1717; il se forma seul et travailla à Dijon, puis à Lyon, cherchant de bonne heure un procédé qui permît de reproduire en fac similé les dessins au crayon. D'après une lettre de lui à Savérien, il obtint un premier résultat en 1740, mais qui ne le satisfit pas; en 1753, il avait amélioré son invention; en 1756-1757, la trouvant au point, il la soumit au Marquis de Marigny et à l'Académie de peinture. Par une lettre de Cochin à Marigny, l'Académie fit connaître son avis favorable à la pension du Roi sollicitée par l'artiste (1758). A cette époque également, François faisait des essais de gravure au lavis; l'un d'eux, d'après un projet de Boucher pour un plafond, signé et daté 1758, est une parfaite réussite, bien supérieur même aux gravures en manière de crayon qu'il exécuta d'après Eisen, C. Vanloo, Vien, Boucher et d'après des dessins de sa femme, née Marie Fredou, gravures représentant des allégories, des portraits, des paysages, des adresses, des études destinées à l'enseignement du dessin, toutes choses qui ont rarement le caractère achevé et définitif des oeuvres de Gilles Demarteau.
François mourut le 21 mars 1769. Sa pension fut alors attribuée à son rival qui, s'il n'a sans doute pas été le premier à retrouver le procédé de gravure en manière de crayon, s'est certainement montré le mieux doué comme artiste et a su exploiter ce filon de la plus heureuse et de la plus féconde manière.

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GAILLARD  René
(1722 ?-1790 ?)

Né et mort à Paris. Cet ami de Wille débuta chez Odieuvre, puis collabora avec Ficquet à l'illustration des Peintres Flamands de Descamps; ensuite il mit au jour des portraits et des estampes d'histoire ou de genre d'après des maîtres divers. Si son burin n'avait pas beaucoup de personnalité, il était du moins plein «de propreté» et de franchise. Sa fille Louise a signé quelques gravures.

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GAUCHER   Charles Étienne
(I741-I804)

Né et mort à Paris. La famille de cet artiste appartenait à la bourgeoisie aisée et voulait faire de lui un médecin, mais il montra tant de dispositions pour les arts qu'il obtint la permission d'entrer dans l'atelier de Basan, puis dans celui de Le Bas. Son instruction soignée lui permit d'être plus tard poète et pamphlétaire en même temps qu'excellent graveur. Son oeuvre (400 pièces environ) comprend des actualités Comme le couronnement de Voltaire d'après Moreau, des vignettes, quelques planches d'après des tableaux de maîtres divers, et, de 1763 à 1800, toute une collection de moyens et petits portraits, dont quelques-uns sont de premier ordre. Il rédigea le «Voyage du Havre de Grâce» (1788); il collabora au Dictionnaire des Artistes de l'abbé de Fontenai (1776); il soutint une polémique de presse contre Quatremère de Quincy, et publia en l'an VI un Essai sur l'origine et les avantages de la Gravure. Son portrait peint en miniature par Mlle de Noirterre a été gravé par lui-même et signé du pseudonyme P. de B.

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GILLOT   Claude
(1673-1722)

On est fort mal renseigné sur la vie de Claude Gillot, né à Langres en 1673 (baptisé le 27 avril), élève de J. B. Corneille à Paris, agréé à l'Académie le 26 juillet 1710, académicien le 27 avril 1715 et mort le 4 mai 1722. Peintre, dont le plus beau titre de gloire est d'avoir été l'un des maîtres de Watteau; au dire de Caylus, ce serait, soit par jalousie des succès de son élève, soit parce qu'il se rendit compte que celui-ci l'avait surpassé, qu'il aurait quitté la peinture pour se livrer au dessin et à la gravure à l'eau-forte.
A ce dernier titre et sans préjudice de la place qui lui revient parmi les graveurs originaux et les vignettistes (en particulier, pour ses Fables de La Mothe), il méritait d'être représenté ici, car il compte parmi les rénovateurs de la gravure de genre au début du XVIIIe siècle. Mais, au lieu de choisir comme spécimen de son talent singulier une des gravures de J. Audran d'après sa suite des Passions, de G. Huquier d'après ses scènes du Théâtre Italien, de Joullain d'après ses dessins de costumes de ballets ou du Comte de Caylus d'après ses pastorales, il a semblé préférable de reproduire une des estampes de la suite des fêtes mythologiques, si hautement prisées par Mariette, et dont la «lettre» dit qu'elles ont été dessinées, peintes et gravées par Gillot lui-même .
«On connaît peu ses tableaux, écrit Lévesque dans le Dictionnaire des arts de Watelet, mais il est célèbre par les estampes qu'il a gravées d'après ses dessins. C'est l'un des artistes qui ont eu le plus d'esprit dans la pointe, le plus de finesse dans la touche, le plus de piquant dans l'effet, sans avoir eu recours à une grande vigueur de ton, ni aux grands moyens du clair-obscur.».

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GRATELOUP  Jean Baptiste De
(1735-1817)

Né et mort à Dax. Particulièrement bien doué et très instruit, mais affligé d'une myopie extrême, cet amateur trouva moyen de tirer avantage de son infirmité. Il imagina un procédé de gravure dont il a gardé le secret et qui consistait, croit-on, à mélanger sur une plaque d'acier des travaux à la pointe sèche, à la manière noire et à l'aquatinte, procédé dont il se servit pour graver des portraits d'une touche de la plus extrême finesse. Ce fut le plaisir de ses dimanches pendant tout le temps de son séjour à Paris (1765-1774), et jusqu'au moment où la perte d'un oeil le força de renoncer à cette distraction. Son oeuvre comprend 9 pièces, qui sont, pour ainsi dire, les miniatures de l'estampe, telle une admirable réduction du Bossuet de P. Imbert Drevet.

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GUYOT   Laurent
(1754?-1808?)

Né et mort à Paris. Cet élève des graveurs Le Grand et Tilliard, fit d'abord comme eux des travaux au burin; puis séduit par le succès des aquatintes, il se fit une spécialité des petites estampes lavées en couleurs, vues de Paris, d'Italie, d'Angleterre..., Cris de Paris, arabesques... Il suivit en même temps que Debucourt les cours de l’Académie et passe pour avoir initié son célèbre camarade à la technique de la gravure.

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HELMAN  Isidore Stanislas
(1743-1806)

Né à Lille en 1743 et mort à Paris en 1806, Helman reçut les premières leçons d'un graveur de sa ville natale et vint achever de se faire la main dans l'atelier de Le Bas.
Quelques vignettes habilement traitées le mirent bientôt en valeur. Moreau le jeune, qu'il avait connu chez Le Bas, lui confia la traduction de plusieurs planches du Monument du costume, ce dont il se tira tout à son honneur, comme le prouvent les char- mantes pièces intitulées: «N'ayez pas peur, ma bonne amie», les Délices de la maternité, l'Accord parfait, le Souper fin. Il fut aussi un interprète exquis pour Lavreince (le Roman dangereux), pour Baudouin (le Jardinier galant, pour Duplessi-Bertaux (le Charlatan français et le Charlatan allemand), pour Le Prince, Lagrenée, Hubert Robert, L. Watteau de Lille, etc. On citera encore ses réductions des Batailles de la Chine et les quinze planches des Principales journées de la Révolution d'après Monnet, dont les eaux-fortes avaient été préparées par Duclos et Duplessi-Bertaux, et qu'il termina au burin. .

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HUQUIER  Gabriel
(1695-1772)

Graveur, marchand d'estampes et collectionneur, Gabriel Huquier tient une triple place dans l'histoire de la gravure au XVIIIe siècle.
Né à Orléans le 9 mai 1695, il passa dans sa ville natale ses vingt-cinq premières années, dit Jombert dans la préface du Catalogue de l'oeuvre de Sébastien Le Clerc, et ne vint se fixer à Paris que vers 1720. Bientôt spécialisé dans la gravure d'ornements, sa production en ce sens a été fort importante: Le Blanc ne lui donne pas moins de 976 pièces, aux signatures desquelles on retrouve tous les grands noms de la première moitié du siècle en matière de décoration: Gillot, Watteau, Boucher (dont il a gravé à l'eau-forte de nombreuses figures dessinées, La Joue, Oudry, Meissonnier, Oppenordt, etc., sans parler des oeuvres de son cru.
Marchand très achalandé, expert très influent, Huquier fut aussi un collectionneur passionné: plusieurs ventes furent nécessaires pour disperser son riche cabinet, surtout composé de dessins, et son fonds de planches; l'une se fit à Amsterdam en 1761, une seconde à Paris en 1771, et deux autres en 1772, celles-ci après la mort de G. Huquier, survenue le 11 juin de cette année.

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INGOUF   François Robert
(Le Jeune)
(1746-1800)

Il y eut deux frères Ingouf, tous deux graveurs. L'aîné, Pierre Charles (1746-1800), élève de Flipart, a beaucoup travaillé d'après Greuze, comme son maître, mais d'une façon généralement médiocre, même quand il n'a eu qu'à terminer des planches préparées par de meilleurs que lui (la Paix du ménage, eau-forte de Moreau le jeune; les Serveuses, eau-forte de Tilliard, etc.); il a aussi gravé Freudeberg, Wille, et divers autres.
Ingouf le jeune, prénommé François Robert, né à Paris en 1747 et mort le 17 juin 1812, est aussi élève de Flipart, à qui il fait plus d'honneur que son frère. Il est surtout connu par plusieurs pièces d'après Freudeberg, en particulier pour la première suite du Monument du costume: là Soirée d'hiver, la Promenade du soir, l'Événement au bal (sur une eau- forte de Duclos). On a aussi de lui des portraits et surtout des vignettes très appréciées, car son talent s'accommodait particulièrement de la gravure en petit.

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JACOB   Louis
(1712-1802)

Né à Lisieux, mort à Paris. Élève de Scotin le père et de Jean Audran. Jacob fut un graveur de second ordre, mais il a collaboré aux grandes entreprises de gravure de son temps, et c'est ainsi que ses reproductions de Watteau l'ont empêché de tomber dans l’oubli.

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JANINET   Jean François
(1752-1814)

Il est arrivé à Janinet pour la gravure en couleurs la même heureuse fortune qu'à Demarteau pour la gravure en manière de crayon: il a mis au point les découvertes faites par ses devanciers, Le Blond et Dagoty, et atteint la perfection d'une technique jusqu'à lui réalisée incomplètement.
Né en 1752, il commença par reproduire de petits sujets d'après Ph. Caresme, Freudeberg, Eisen, Charlier, Gravelot, et il était déjà tout à fait maître de son procédé quand il donna, en 1774, son portrait de Marie-Antoinette, qui devait être suivi de celui de Mlle Du T... (Duthé) et de celui de Mlle Bertin. Deux pièces d'après Watteau sont aussi de la même date ;  puis viennent l’Amour et la Folie d'après Fragonard (1777), que l'on compte au nombre de ses chefs d'oeuvre. Après avoir gravé les aquarelles de A. Van Ostade du Cabinet Basan, dont il rend exactement l'effet en ajoutant des couleurs en teintes plates à un dessin au trait d'eau-forte, il aborde cette suite de grandes planches d'après F. Boucher (la Toilette de Vénus), d'après Baudouin, et surtout d'après Lavreince, qui constituent le meilleur de sa production: citons entre autres la Comparaison, l'Aveu difficile, l'Indiscrétion, Laisse-moi donc voir, .le Petit conseil, Ha ! Le joli petit chien, dont on a pu dire qu'elles donnent l'illusion de la gouache elle-même. Graveur de paysages, Janinet a reproduit à merveille Hubert Robert et de Machy; il a illustré de délicieuses petites vues le recueil des Monuments de Paris. Portraitiste, on lui doit la traduction d'une célèbre page de Hoin, Mlle Dugazon dans «Nina ou la Folle par amour», et une nombreuse et charmante suite de portraits d'acteurs et d'actrices pour les Costumes et annales des grands théâtres de Paris, de Levacher de Chamois (I786-1789). Pendant la Révolution, Janinet, qui avait gravé en 1781 une estampe allégorique de J.-B. Huet en l'honneur de la naissance du Dauphin (les Sentiments de la nation), donna dans les idées nouvelles et entreprit la publication d'un recueil de Gravures historiques des principaux événements depuis l'ouverture des États Généraux, d'après des dessins de Moitte, solennels et glacés.
Enfin, si brève soit-elle, une notice sur Janinet ne serait pas complète si l'on n'y faisait allusion aux goûts du graveur pour l'aéronautique et à l'expérience malchanceuse qu'il fit, le II juillet 1784, avec l'abbé Miollan, et qui lui valut d'être chansonné et caricaturé copieusement.
Il mourut à Paris, le 1er novembre 1814.

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JOULLAIN   François
(1697-1778)

Né en I697, il se dit lui-même élève de Gillot, quand il annonce, dans le Mercure de France de juin I725, le recueil des Nouveaux desseins d'habillements à l'usage des ballets, qu'il a gravés d'après son maître. On lui doit aussi des estampes d'après Watteau (en particulier les Agréments de l'été,) Lancret, Ch. Coypel, dont il a reproduit plusieurs peintures de la .suite de Don Quichotte et les cinq dessins des Comédies de Molière; des portraits, des compositions d'histoire, des sujets religieux, etc. Il a aussi collaboré au Moliere de I734.
C'était un bon artiste de deuxième ordre, de la valeur d'un L. Surugue ou d'un J. Moyreau, qui fut accaparé de bonne heure par un important commerce de marchand d'estampes, comme F. Chereau, comme Huquier, comme Laurent Cars et d'autres. Il mourut au début d'octobre I778 (son décès est annoncé au Journal de Paris du 8) et la vente du fonds Joullain, qui se fit en I779, dispersa quantité de planches intéressantes.
La date de 1790, donnée parfois comme étant celle de la mort de François Joullain, est celle de la mort de son fils, F. C. Joullain, lequel, après avoir été l'élève et l'associé de son père, devint un des grands experts de la deuxième moitié du siècle.

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LA LIVE DE JULLY
Ange Laurent De
(1725-1779)

Né et mort à Paris. Ce grand seigneur, graveur amateur de peu de talent, ne figure dans l'histoire de la gravure que parce qu'il a signé quelques portraits faits ou corrigés par son maître et collaborateur, Augustin de Saint-Aubin. Son plus grand mérite fut de réunir le premier une collection des tableaux de l'école française du XVIlIe siècle. Il n'est pour rien dans le charmant portrait de sa seconde belle-mère Mme de Nettine et pour bien peu dans les quelques paysages et les quelques caricatures qu'il a également signés. Il était le beau-frère de Mme d'Épinay.

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LARMESSIN   Nicolas  III De
(1684-1755)

Fils et neveu de graveurs parisiens, N. de Larmessin avait pour père ce graveur de portraits bien connu par son recueil des Augustes représentations des rois de France, lequel, avec un éclectisme singulier, publiait en même temps des estampes injurieuses pour le roi et fut embastillé en 1704 sous cette accusation.
Né à Paris, le 28 janvier 1684, élève de son père qui fit de lui un sûr dessinateur et un solide buriniste, Nicolas de Larmessin le fils commença par graver des portraits (ceux de la famille royale, entre autres) et par travailler au Recueil Crozat, où il donna plusieurs estampes, notamment d'après Raphaël. Il a interprété Watteau (l'Accordée de village est la meilleure de ses pièces d'après ce maître), et surtout Lancret, dont il est en quelque sorte le graveur attitré; témoin les Quatre âges, les Quatre parties du jour , trois pièces d'une série de Jeux dont la quatrième est de Cochin le père (le Colin Maillard, enfin la suite d'estampes à sujets des Contes de La Fontaine, dite «suite de Larmessin», parce qu'il a exécuté le plus grand nombre des pièces qui la composent, d'après Lancret, Boucher (la Courtisane amoureuse, Vleughels et Le Clerc.
C'est un artiste Correct, unissant la science du dessin à un indéniable sens de la couleur et de l'effet; mais il ne mérite pas, selon nous, les éloges qu'on lui a décernés ni la place qu'on lui a faite jusqu'ici. La monotonie et la sécheresse de sa facture, et aussi l'habitude qu'il a de sacrifier complètement tout ce qui l'ennuie, décor, accessoires, figures de second plans, font que ses estampes, agréables au premier abord, ont toujours quelque chose d'incomplet quand on les examine d'un peu près. C'est exactement le contraire d'un Cochin le père ou d'un Lépicié.
Agréé le 30 décembre 1724, académicien le 29 juillet 1730, N. de Larmessin mourut le 28 février 1755.

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LAUNAY   Nicolas Delaunay, ou De
(1739-1792)

Voici le maître qui peut être considéré comme le graveur le plus représentatif de la deuxième moitié du siècle; moins discret que Cochin le père et sans doute moins habile à varier son métier selon les artistes qu'il interprétait, mais admirable de liberté, de légèreté et de fraîcheur, coloriste quand il le faut, luministe toujours, Nicolas de Launay était bien l'interprète idéal qu'on devait souhaiter à Baudouin, à Lavreince et à Fragonard, pour leurs charmantes compositions galantes ou familières.
Né à Paris en 1739, élève de L. Lempereur, N. de Launay, agréé seulement en 1777, ne fut reçu  académicien qu'en 1789, trois ans avant sa mort, survenue le 22 mars 1792.
Toutes ses grandes planches sont célèbres, et il faut se borner ici à ne citer que les principales: le  Carquois épuisé, les Soins tardifs, l'Épouse indiscrète, la Sentinelle en défaut, d'après Baudouin; le Billet doux, la Consolation de l'absence, l'Heureux moment), Qu'en dit l'abbé? d'après Lavreince; le Chiffre d'amour, le Serment d'amour , la Bonne mère, l'Éducation fait tout, le Petit Prédicateur, les Beignets, Dites donc: S'il vous plaît, les Hasards heureux de l'escarpolette, d'après Fragonard; le Petit jour, d'après Freudeberg; il a aussi gravé Le Prince et Aubry, et collaboré à tous les grands monuments typographiques de son temps, en interprétant à la perfection les vignettes des maîtres du genre, Eisen, Gravelot, Cochin le fils, Moreau le jeune, Marillier et bien d'autres.
C'est Nicolas de Launay qui forma son frère cadet Robert (I754-1814) et fit de lui un habile buriniste, auteur d'estampes estimées d'après Aubry (les Adieux à la nourrice), Borel, Fragonard, Greuze, Lavreince, Moreau le jeune (les Adieux, pour le Monument du Costume), de vignettes et de portraits.

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LE BAS   Jacques Philippe
(1707-1783)

Le nom de Le Bas se rencontre à chaque pas et dans tous les domaines, quand on étudie la gravure du XVIlIe siècle. Ce n'est certes pas le plus grand graveur de son temps, mais c'est sans conteste le plus grand producteur d'estampes et le plus habile faiseur d'élèves. Fort actif, toujours pressé d'argent, il avait un atelier nombreux, où vinrent se former quantité d'excellents artistes, tels que Aliamet, Cochin le fils , Eisen, Ficquet, Gaucher, Helman, Le Mire, de Longueil, Moreau le jeune et bien d'autres, jusqu'à des étrangers comme Strange et Ryland. Dans cette véritable fabrique de gravures, on pratiquait souvent la division du travail, les uns se bornant à préparer à l'eau-forte les planches que les autres terminaient au burin; Le Bas retouchait et signait.
«Mon camarade, écrit Cochin à Desfriches à propos des Ports de mer gravés par Le Bas et par lui-même d'après Vernet, mon camarade, comme vous me le marquez, s'était un peu discrédité auprès du public. Ce n'est pas que le drôle n'ait les plus grands talents, mais il courait après l'argent et voulait le gagner à son aise...»; Cochin le sermonna et obtint qu'il soignât un peu mieux son travail. Caractère vif, brusque et original, brave homme, aimant la vie facile pour soi et pour les autres, conservant une parfaite égalité d'humeur jusqu'à la fin de sa vie, malgré les soucis matériels et les déboires qui l'assaillirent après la mort de sa femme, l'aimable et bonne Élisabeth Duret, qu'il avait épousée en 1733, Le Bas est une figure de premier plan dans l'histoire de la gravure du XVIIIe siècle, et, quand on fait le bilan de son oeuvre, si l'on ne peut se dispenser de formuler des réserves sur la valeur de certaines estampes, on est bien loin de souscrire aux violentes critiques dont l'a poursuivi Diderot. Il avait du goût, écrit Lévesque dans le Dictionnaire des arts de Watelet, «une touche piquante et spirituelle, qui donnait de la vie et de la grâce même à des travaux médiocrement préparés».
Il était né à Paris le 8 juillet 1707 et avait été l'élève de N. H. Tardieu. Vite débrouillé, il commença par graver Watteau pour le Recueil jullienne et les Italiens pour le Recueil Crozat. Agréé le 29 octobre 1735, il présenta ses morceaux de réception le 30 décembre 1741: l'Académie le refusa «pour vice de médiocrité». Le Bas ayant donné pour excuse qu'il avait travaillé dans un genre qui n'était pas le sien (le portrait), on lui accorda de graver deux planches d'après Lancret, et, à la suite d'un nouvel agrément (27 janvier 1742), il fut reçu le 23 février 1743, sur une Conversation galante, qui est certainement une des meilleures estampes d'après cet élève de Watteau.
Son oeuvre considérable comprend à peu près tout ce qui se gravait de son temps. On y trouve des suites et des recueils nombreux et variés, comme les Cris de Paris, avec Ravenet, d'après Boucher, une Suite de chiens d'après Desportes, un Recueil de divers animaux de chasse d'après Oudry, des cahiers de paysages, d'études pour l'enseignement du dessin etc.; il a collaboré aux Batailles de la Chine, aux Fêtes données à Louis XV à Strasbourg en 1742, à celles du voyage de Louis XV au Havre en 1749, et, avec Cochin, aux Ports de France de Vernet. On y trouve aussi des illustrations, parfois gravées d'après ses propres dessins. On y trouve enfin quantité d'estampes séparées, souvent de vastes dimensions, reproduisant non seulement ses contemporains, Watteau (la Gamme d' amour, l' Assemblée galante, l' Ile enchantée, etc.), Lancret (Conversation galante,  l' Hiver , le Repas italien), Chardin (le Négligé ou la Toilette du matin, l'Étude du dessin, Le Paon (la Revue de la Maison du Roi au Trou d'Enfer, sur une eau-forte de Moreau), Natoire, Ch. CoypeI, Boucher, Oudry, Le Prince, Eisen, Carle Vanloo, Greuze, etc., mais aussi des maîtres anciens, français ou étrangers, en particulier des Flamands et des Hollandais qui occupent une place considérable dans son oeuvre: Claude Lorrain, Teniers (son peintre de prédilection), Berchem, Wouverman, etc.
Le Bas mourut à Paris le 14 avril 1783, après avoir eu ses dernières années tourmentées par l'entreprise manquée (pour lui, du moins) des Figures de l'histoire de France, d'après Moreau le jeune.

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LE BEAU    Pierre Adrien
(1748-1773)

Le seul renseignement biographique fourni sur son compte par Portalis et Beraldi, c'est que Le Beau est né en 1748. Herluison a publié, dans ses Actes d'état civil d'artistes français, les baptistaires de deux des enfants de Le Beau, deux filles, datés des 20 octobre 1773 et 5 février 1775, et l'acte de décès d'un autre enfant, Louis, mort le 4 mai 1773, à l'âge de sept ans.
Si l'on mentionne ici ce graveur, bien que son véritablé emploi ait été de reproduire des vignettes et surtout des portraits (en particulier, pour la collection des éditeurs Esnauts et Rapilly), ce n'est pas tant pour les estampes qu'il a laissées d'après Baudouin, Eisen, Freudeberg, etc., que pour sa collaboration à la Galerie des modes françaises, où il adonné de pittoresque figures d'après les dessinateurs costumiers de son temps, Le Clerc et Desrais entre autres.
«Sa main est pesante, il grave noir», disent de lui les auteurs des Graveurs du XVIIIe siècle, sur tout quand il est obligé, comme c'est trop souvent le cas, de produire hâtivement; mais il a montré qu'il connaissait à fond son métier et, s'il avait voulu soigner davantage ses travaux, nul doute qu'il se serait élevé à un rang supérieur à celui où il s'est tenu.

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LE BLON   Jean Christophe
(I670-I74I)

Né à Francfort-sur-le-Main, mort à Paris. Le Blon découvrit le secret de la gravure en couleurs par une inspiration de génie qui lui fit combiner la gravure en manière noire et les théories de Newton sur la composition de la lumière. C'est vers 1710, à Amsterdam, après un séjour en Italie, qu'il fit ses premiers essais. Il porta ensuite son invention à Londres, obtint quelque succès vers 1725, puis fit faillite et regagna le continent. Arrivé à Paris en 1735, il grava selon son procédé les portraits du cardinal de Fl