Technique de tirages photographique à la "gomme bichromatée".
Procédé découvert par Poitevin en 1855, qui déposa un brevet.
Utilisé de 1876 à 1920. Puis remplacé par le procédé gélatine/chloro-bromure d’argent
Appelé aussi « Charbon ». Les procédés cousins à la gomme employés à cette époque sont la gélatine avec et sans transfert, le procédé aux poudres, Ozotype, aux encres grasses, à l’huile, etc.…
Principe :Un colloïde, (Nom donné à toute substance qui ne peut être dialysée : Gélatine, gomme arabique, albumine, etc.) additionné d’un bichromate, après séchage, se transforme sous la lumière et devient insoluble.
Produits nécessaires pour la réalisation d’épreuves en gomme bichromatée :
De la gomme arabique (en morceaux, inutile qu’elle soit purifiée).
Du bichromate de potasse (sous forme de cristaux orangés)
Du formol (pour clarifier la solution de gomme et empêcher la moisissure)
Du papier de bonne qualité.
Un pigment : (la gouache « LINHEL » donne les meilleurs résultats)
Préparation de la solution de gomme :
Dans un récipient en verre (pot de confiture)
Eau distillée 100cc.
Gomme arabique 35g. (Mettre la gomme dans une chaussette ou un bas en suspension)
Morceaux de sucre 2g.
Attendre une quinzaine de jours que la gomme se dissolve et devienne pâteuse. Presser la chaussette pour en extraire la gomme, les impuretés doivent rester dans la chaussette. Ajouter 12 gouttes de formol (3ml.). La solution est aussi bonne récente qu’ancienne.
Solution de bichromate de potasse:
Dans de l’eau tiède, introduire 15% de bichromate. Après dissolution, le bichromate non dissout reste dans le fond de la solution. Il s’agit d’une solution à saturation.
Choix du papier :
Tous les papiers sont bons, mais pour certains on doit les améliorer par un encollage afin d’obtenir de meilleurs résultats. Pour ce faire, il faut gélatiner les feuilles. (Opérer cet encollage sur plusieurs feuilles afin de gagner du temps).
De même pour d’autres supports tels que le bois, le verre, etc.
Prévoir : feuilles de gélatine (feuilles alimentaires)
Acide acétique
Alun de potasse
Amidon de maïs
Dans 200 cc d’eau, mettre 2,5 g. de gélatine. Faire fondre la gélatine en portant cette solution à 40°, puis ajouter 1cc d’acide acétique et 40cc d’une solution d’alun de potasse à saturation.
Il est possible d’y ajouter une cuillère d’amidon de maïs, qui facilitera l’étendage et rendra la surface du papier mat.
Avec un pinceau large (Queue de morue), bien étaler cette solution en tous sens, jusqu’au moment où les bulles et les stries auront complètement disparu. Laisse sécher complètement la feuille.
Préparation de la solution sensible:
Préparer dans un bol: 10cc de bichromate
5cc de gomme
1cm de gouache sortant du tube
Bien mélangé avec un pinceau court et dur. Il est possible pour un meilleur étalement, d'ajouter un lait d'amidon.
Il est bon de prendre la gomme avec une pipette au centre du bocal, car à cet endroit la gomme est plus pure.
Étendage de la solution:
Charger légèrement une queue de morue et passer en tout sens sur la feuille que l'on désire enduire.
Terminer avec un blaireau sec et fin jusqu'au moment où la couche sera bien régulière.
Cette formule peut convenir pour une réalisation en plusieurs couches successives, pour remonter la densité ou varier les couleurs dans les ombres. Dans ce cas, cette première couche devra contenir peu de couleurs, car seules les demi-teintes seront définitives. Dans le cas contraire, il pourrait se produirais des arrachements et le grain serait grossier.
Laisser sécher dans l'obscurité 1 heure.
Tirage:
Dans un châssis, derrière une feuille de verre, mettre le négatif encadré (margé), puis le papier sensibilisé. Recouvrir d'un feutre. Si possible presser l'ensemble afin que le négatif et papier soient bien en contact afin d'éviter des parties floues de l'image. Il est possible de presser l'arrière avec un contre-plaqué, dans ce cas de fixer le négatif et papier à l'aide de punaises, qui serviraient à un repérage pour une autre couche.
Il est possible d'exposer l'image à la lumière du jour (mais à l'ombre). Pour un usage industriel, il est possible d'employer une lampe U.V. Ce qui permet une exposition plus précise.
Dépouillement:
Immerger l'épreuve dans une cuvette d'eau froide (ne jamais se servir d'eau chaude).
Balancer légèrement la cuvette, et changer l'eau de temps en temps. L'image ne tardera pas à apparaître. Plus le dépouillement sera mené lentement, plus la matière sera fine.
Pour terminée, faire couler dans la marge un jet d'eau abondant; celui-ci active le dépouillement dans les noirs.
Une fois terminé, faire sécher en plein jour sur des buvards inclinés à 45o environ.
Pour les autres couches: Gomme 5cc
Bichromate 5cc.
Mettre légèrement plus de pigment.
Faire sécher la feuille.
Le temps d'exposition doit diminuer à chaque couche.
S'il a fallu 60 minutes pour la première couche, il n'en faudra plus que 45 pour la suivante et 5 pour la dernière. Celle-ci pourra être chargée en couleurs, car elle ne doit donner que des noirs. Et dois être absolument réservée pour la fin.
Après séchage complet à la lumière du jour, les couleurs ne sont pas très vives en raison de la teinte jaunâtre du bichromate.
Il suffira pour raviver les couleurs de plonger l'épreuve dans une solution de bisulfite de soude à 5 % jusqu'à élimination complète du bichromate, puis un lavage de 5 minutes, et l'épreuve trouvera toute sa fraîcheur.
Il est possible d'effectuer un essai rapide de ce procédé en utilisant un blanc d'œuf, une solution de bichromate et un pigment.
l'épreuve peut être tirée sur différents supports: papier, toile, bois, etc.
Il ne faut pas se décourager, mais persister, car la gomme comme les autres procédés demande un tour de main et une bonne expérience. Bon courage !
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Michel Caron. |